Statut juridique VTC : micro, EURL ou SASU en 2026 ?
Une fois la carte VTC en poche, il faut créer votre entreprise — et ce choix structure tout le reste : vos cotisations, votre impôt, votre protection sociale et votre capacité à déduire vos charges. Trois formes dominent chez les chauffeurs : la micro-entreprise, l'EURL et la SASU. Ce guide vous aide à trancher selon votre niveau d'activité et vos charges.
Les trois statuts en un coup d'œil
La micro-entreprise (entreprise individuelle au régime micro) mise sur la simplicité : formalités minimales, comptabilité ultra-allégée, cotisations forfaitaires sur le chiffre d'affaires. L'EURL et la SASU sont des sociétés unipersonnelles : comptabilité complète, mais possibilité de déduire les charges réelles et d'amortir le véhicule au régime réel. Depuis 2022, l'entrepreneur individuel bénéficie aussi d'une séparation de son patrimoine personnel et professionnel.
Le régime social du dirigeant : le vrai clivage
C'est le critère qui pèse le plus lourd. En micro et en EURL, le dirigeant est travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants : les cotisations sont plus faibles (de l'ordre de 40 % du revenu net au réel, 21,2 % du CA en micro). En SASU, le président est assimilé salarié (régime général) : une meilleure protection sociale, mais des charges nettement plus élevées (souvent de l'ordre de 80 % du net versé).
La fiscalité : IR ou IS
En micro, votre bénéfice est imposé à l'impôt sur le revenu après un abattement forfaitaire de 50 % ; vous pouvez opter, sous condition de revenu, pour le versement libératoire à 1,7 % du CA. L'EURL relève de l'IR par défaut (option possible pour l'IS). La SASU est à l'impôt sur les sociétés ; lorsque vous vous versez des dividendes, ceux-ci supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux).
Déduire ses charges : là où la micro montre ses limites
C'est souvent l'élément décisif pour un VTC. En micro, l'abattement de 50 % est censé couvrir vos charges : vous ne pouvez déduire ni le carburant, ni le véhicule, ni les commissions des plateformes — et vos cotisations portent sur tout le CA. Or les charges d'un VTC sont lourdes (leasing, carburant, assurance, commissions de 18 à 27 %). Au réel (EURL/SASU ou EI au réel), toutes ces charges se déduisent, le véhicule s'amortit et la TVA se récupère. Notre guide fiscalité détaille ces leviers.
Alors, quel statut choisir ?
Il n'y a pas de seuil magique, mais une logique claire :
• Charges contenues, début d'activité, petit CA → la micro gagne par sa simplicité et son taux forfaitaire.
• Charges lourdes (véhicule récent, LOA, gros kilométrage, commissions élevées) → le réel via EURL (TNS) permet de déduire et reste social-efficient.
• Volonté d'une meilleure protection sociale ou d'optimiser rémunération/dividendes → la SASU, en acceptant des charges plus élevées.
Le meilleur réflexe : chiffrer les deux scénarios. Testez d'abord vos chiffres dans le simulateur de revenu net, puis faites valider l'arbitrage par un expert-comptable.
Questions fréquentes
Quel statut choisir pour démarrer en VTC ?
La micro-entreprise est le point de départ le plus simple : formalités et comptabilité allégées, cotisations forfaitaires de 21,2 % du chiffre d'affaires. Elle convient tant que les charges réelles restent contenues et que le CA reste sous 83 600 €. Dès que les charges (véhicule, carburant, commissions) deviennent lourdes, l'EURL ou la SASU au réel permettent de les déduire et deviennent souvent plus avantageuses.
EURL ou SASU pour un VTC : quelle différence ?
La principale différence tient au régime social du dirigeant. En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS), avec des cotisations plus faibles. En SASU, le président est assimilé salarié (régime général), mieux protégé mais avec des charges sociales nettement plus élevées. La SASU relève de l'IS et les dividendes supportent le PFU de 30 %.
Peut-on déduire ses charges en micro-entreprise VTC ?
Non. En micro, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 50 % censé représenter vos charges, mais vous ne pouvez déduire ni le carburant, ni le véhicule, ni les commissions des plateformes. Les cotisations sont même calculées sur la totalité du CA. Pour déduire vos charges réelles et amortir le véhicule, il faut opter pour le régime réel (EI au réel, EURL ou SASU).
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