École Fiscalité, compta & gestion
Payer le juste impôt, maîtriser la TVA et piloter vos marges — du statut au revenu net.
Le statut juridique
Micro, EURL ou SASU : le choix qui structure tout le reste.
Micro, EURL ou SASU
Le premier choix d'un chauffeur VTC n'est pas la voiture, mais la forme juridique de son entreprise.
Trois cadres dominent. La micro-entreprise séduit par sa simplicité et convient bien au démarrage. L'EURL et la SASU permettent de déduire les charges réelles et d'amortir le véhicule — utile quand les frais (leasing, carburant, commissions) sont lourds.
Le régime social du dirigeant
Selon le statut, vous ne cotisez pas au même régime — ni au même coût.
En micro et en EURL, le dirigeant est travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants : cotisations plus légères. En SASU, le président est assimilé salarié (régime général) : meilleure protection mais charges nettement plus élevées (de l'ordre de 80 % du net versé).
Quand quitter la micro
La micro est idéale pour commencer, mais elle a des limites qu'il faut savoir repérer.
Elle montre ses limites quand vos charges réelles sont importantes (elles ne sont pas déductibles) ou quand vous approchez du plafond de 83 600 €. Passer au réel (EURL/SASU) devient alors souvent plus avantageux — c'est un arbitrage à chiffrer avec le simulateur, puis avec un expert-comptable.
La micro-entreprise VTC
Le régime le plus courant : plafonds, abattement, cotisations.
Une activité artisanale, imposée en BIC
Le transport de personnes n'est pas une profession libérale — et sa qualification réserve une subtilité.
Le chauffeur seul s'immatricule dans le secteur des métiers de l'artisanat (via la Chambre de métiers et de l'artisanat). Fiscalement, en micro, vos revenus relèvent en revanche des BIC — prestations de services (et non des BNC). C'est cette catégorie BIC qui détermine votre plafond, votre taux de cotisations et votre versement libératoire.
Plafond et abattement
La micro a deux chiffres clés : un plafond de chiffre d'affaires et un abattement fiscal.
Le plafond de chiffre d'affaires micro est de 83 600 € (revalorisation 2026-2028). Pour l'impôt, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 50 % : cet abattement représente vos charges — c'est pourquoi vous ne pouvez rien déduire de plus en micro.
Cotisations et versement libératoire
C'est le point que les débutants sous-estiment le plus : ce que l'URSSAF prélève réellement.
Vos cotisations sociales représentent 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé (plus une petite contribution à la formation professionnelle), déclarées sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Sous condition de revenu fiscal de référence, vous pouvez opter pour le versement libératoire de l'impôt à 1,7 % du CA.
La TVA du VTC
Le sujet le plus mal compris — et le plus piégeux.
La franchise en base et son piège
La TVA du VTC réserve un piège que même des chauffeurs expérimentés découvrent trop tard.
Tant que votre CA reste sous le seuil de franchise en base de 37 500 € (tolérance 41 250 €), vous ne facturez pas de TVA. Le piège : ce seuil est bien inférieur au plafond micro de 83 600 €. On peut donc rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA dès qu'on dépasse 37 500 €.
Le taux de 10 %
Quand vous facturez la TVA, tout n'est pas au taux normal de 20 %.
Le transport de voyageurs relève du taux réduit de 10 % (article 279 b quater du CGI). Attention : une prestation de mise à disposition à l'heure (kilométrage illimité, sans lien avec la distance parcourue) relève, elle, du taux normal de 20 %.
Autoliquider les commissions des plateformes
Voici l'obligation TVA la plus ignorée — et pourtant elle s'applique même en franchise.
Uber (Pays-Bas) et Bolt (Estonie) facturent leurs commissions hors taxe. Vous devez obtenir un numéro de TVA intracommunautaire et autoliquider la TVA française (20 %) sur ces commissions — même en franchise en base. En franchise, cette TVA est un coût définitif ; au réel, elle est collectée puis déduite (neutre en trésorerie).
Le régime réel & les charges
Déduire, amortir, récupérer la TVA : les leviers du réel.
Les charges déductibles
Le grand avantage du réel, c'est de payer l'impôt et les cotisations sur le bénéfice, pas sur le CA.
Au régime réel (EURL/SASU ou EI au réel), vous déduisez vos charges réelles : carburant / recharge, loyers de leasing (LOA), assurance, entretien, pneus, péages, commissions des plateformes, téléphonie, frais de compta et de registre, cotisations sociales… Chaque charge se déduit au prorata de son usage professionnel (la quote-part privée éventuelle est réintégrée).
Amortir le véhicule
La voiture est souvent le plus gros investissement : son amortissement pèse lourd dans le résultat.
Le véhicule inscrit à l'actif s'amortit sur sa durée d'usage. Les véhicules de tourisme subissent en principe un plafond de déduction selon les émissions de CO₂ (de 9 900 € à 30 000 €) — un plafond qui vise aussi les loyers de location longue durée et de LOA. Pour les véhicules qui sont l'objet même de l'activité de transport, ce plafond peut ne pas s'appliquer — un point technique à valider avec votre expert-comptable selon votre situation.
Récupérer la TVA
Autre atout du réel spécifique au transport de personnes : la récupération de la TVA.
Contrairement à la plupart des entreprises, un VTC au réel peut récupérer la TVA sur l'achat ou la location de son véhicule affecté au transport, ainsi que sur le carburant (essence/gazole ≈ 80 %, électricité 100 %).
CFE et autres taxes
Au-delà de l'impôt sur le bénéfice, quelques taxes locales concernent le VTC.
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est exonérée la première année puis, sauf CA très faible (≤ 5 000 €), généralement due (base minimale variable selon la commune). L'exonération permanente réservée au transport « à tarif réglementé » vise les taxis : les VTC, à prix libres, en sont en principe redevables. En revanche, les VTC sont exonérés des taxes qui ont remplacé l'ancienne TVS.
Piloter sa rentabilité
Du chiffre d'affaires au revenu qui reste vraiment.
Du CA au revenu net
Le chiffre d'affaires affiché par la plateforme n'est pas votre revenu — loin de là.
Il faut en retirer la commission plateforme, le carburant, le véhicule, l'assurance et les cotisations sociales. Le simulateur de l'academy vous donne une estimation de ce qui reste, selon que vous êtes en micro ou au réel.
Surveiller ses marges
Deux postes font ou défont la rentabilité d'un VTC.
La commission (jouez le multi-plateformes pour la lisser) et le coût du véhicule (achat vs LOA, thermique vs électrique). Un suivi mensuel simple de vos recettes et dépenses évite les mauvaises surprises à l'échéance des cotisations et de la TVA.
Faut-il un expert-comptable ?
La question du recours à un professionnel dépend surtout de votre régime.
En micro, ce n'est pas obligatoire ; au réel, la comptabilité et la TVA justifient largement un accompagnement. Un expert-comptable sécurise vos déclarations, optimise votre statut et vous fait souvent économiser plus que ses honoraires. Capway Finance accompagne les chauffeurs VTC.
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