Fiscalité du VTC 2026 : le guide complet
La fiscalité fait ou défait la rentabilité d'un chauffeur VTC. Entre le choix micro ou réel, le piège de la TVA, l'autoliquidation des commissions et l'amortissement du véhicule, il est facile de payer trop — ou de se mettre en défaut sans le savoir. Ce dossier pilier vous donne la vue d'ensemble, à jour 2026, et renvoie vers chaque sujet en détail.
Une activité artisanale, imposée en BIC
La qualification du VTC réserve une subtilité. Le chauffeur seul s'immatricule dans le secteur des métiers de l'artisanat (via la Chambre de métiers et de l'artisanat). Fiscalement en revanche, en micro-entreprise, vos revenus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) — prestations de services, et non des BNC. C'est cette catégorie BIC qui conditionne tout : votre plafond, votre abattement, votre taux de cotisations et votre versement libératoire. C'est le premier repère à avoir en tête.
Micro-entreprise : plafond, abattement, cotisations
Le régime micro est le plus répandu chez les VTC pour sa simplicité. Le plafond de chiffre d'affaires est de 83 600 € (revalorisation 2026-2028). Pour l'impôt, un abattement forfaitaire de 50 % s'applique — il représente vos charges, que vous ne pouvez donc pas déduire en plus. Vos cotisations sociales représentent 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé (plus une petite contribution à la formation professionnelle). Sous condition de revenu fiscal de référence, vous pouvez opter pour le versement libératoire de l'impôt à 1,7 % du CA.
Le point que l'on sous-estime : en micro, les cotisations portent sur tout le chiffre d'affaires, y compris la part reversée en commission à la plateforme. C'est ce qui rend la micro moins intéressante quand les commissions et les charges sont élevées. En savoir plus sur le choix du statut →
La TVA du VTC : le vrai piège
C'est le sujet le plus mal compris. Tant que votre CA reste sous le seuil de franchise en base de 37 500 € (tolérance à 41 250 €), vous ne facturez pas de TVA. Mais ce seuil est bien inférieur au plafond micro de 83 600 € : on peut donc rester micro-entrepreneur et devenir redevable de la TVA en cours de route. Le projet de « seuil unique » à 25 000 € ayant été abandonné (loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025), ces seuils différenciés restent en vigueur en 2026.
Quand vous facturez la TVA, le transport de voyageurs relève du taux réduit de 10 % (article 279 b quater du CGI). Une prestation de mise à disposition à l'heure (kilométrage illimité) relèverait, elle, du taux normal de 20 %.
L'autoliquidation des commissions. Uber (Pays-Bas) et Bolt (Estonie) facturent leurs commissions hors taxe. Vous devez obtenir un numéro de TVA intracommunautaire et autoliquider la TVA française à 20 % sur ces commissions — même en franchise en base. En franchise, cette TVA est un coût définitif ; au réel, elle se déduit. Autrement dit : franchise en base ne veut pas dire « aucune obligation de TVA ».
Le régime réel : déduire, amortir, récupérer la TVA
Au régime réel (EI au réel, EURL ou SASU), vous êtes imposé sur votre bénéfice, après déduction de vos charges réelles : carburant / recharge, loyers de leasing (LOA), assurance, entretien, pneus, péages, commissions des plateformes, téléphonie, frais de compta et de registre, cotisations sociales… Ces charges se déduisent au prorata de leur usage professionnel.
Le véhicule inscrit à l'actif s'amortit sur sa durée d'usage. Les véhicules de tourisme subissent en principe un plafond de déduction selon les émissions de CO₂ (de 9 900 € à 30 000 €), plafond qui s'applique aussi aux loyers de location longue durée et de LOA. Pour les véhicules qui sont l'objet même de l'activité de transport, ce plafond peut ne pas s'appliquer — une souplesse que le BOFiP reconnaît expressément aux taxis et que l'Ordre des experts-comptables estime transposable aux VTC. Les VTC n'y étant toutefois pas nommés, mieux vaut sécuriser ce traitement avec votre expert-comptable plutôt que de le tenir pour acquis.
Enfin, spécificité du transport de personnes : un VTC au réel peut récupérer la TVA sur l'achat ou la location de son véhicule affecté au transport, ainsi que sur le carburant (essence/gazole ≈ 80 %, électricité 100 %). Voir le cours complet sur le réel →
CFE et autres taxes locales
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est exonérée la première année d'activité, et pour un CA inférieur ou égal à 5 000 €. Au-delà, la plupart des VTC en sont redevables : l'exonération permanente réservée au transport « à tarif réglementé » vise les taxis, alors que les VTC pratiquent des prix libres. Le montant dépend d'une base minimale fixée par la commune. En revanche, les VTC sont exonérés des deux taxes qui ont remplacé l'ancienne taxe sur les véhicules de société (TVS), au titre de l'affectation au transport public de personnes.
Micro ou réel : comment trancher
La règle est simple à énoncer : tant que vos charges réelles restent contenues, la micro et son taux forfaitaire l'emportent ; dès que le véhicule, le carburant et les commissions pèsent lourd, le réel permet de tout déduire et devient souvent gagnant. Le mieux est de chiffrer les deux : passez vos montants dans notre simulateur de revenu net, puis faites valider l'arbitrage par un expert-comptable.
Questions fréquentes
Le VTC relève-t-il des BIC ou des BNC ?
En micro-entreprise, le VTC relève des BIC — prestations de services (et non des BNC). Le chauffeur seul est par ailleurs rattaché au secteur des métiers de l'artisanat. Cette catégorie BIC détermine son plafond (83 600 €), son abattement (50 %), son taux de cotisations (21,2 %) et son versement libératoire (1,7 %).
À partir de quand un VTC paie-t-il la TVA ?
Dès que le chiffre d'affaires dépasse le seuil de franchise en base des prestations de services, soit 37 500 € (tolérance à 41 250 €). Ce seuil est inférieur au plafond de la micro-entreprise (83 600 €) : on peut donc rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA. Le transport de voyageurs est alors soumis au taux réduit de 10 %.
Faut-il gérer la TVA sur les commissions d'Uber ou Bolt ?
Oui. Uber (Pays-Bas) et Bolt (Estonie) facturent leurs commissions hors taxe. Le chauffeur doit obtenir un numéro de TVA intracommunautaire et autoliquider la TVA française à 20 % sur ces commissions, même en franchise en base. En franchise, cette TVA est un coût définitif ; au régime réel, elle est collectée puis déduite.
Un VTC paie-t-il la CFE ?
La CFE est exonérée la première année d'activité et pour un CA inférieur ou égal à 5 000 €. Au-delà, la plupart des VTC en sont redevables : l'exonération permanente réservée au transport à tarif réglementé vise les taxis, alors que les VTC pratiquent des prix libres. Le montant dépend d'une base minimale fixée par la commune.
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