Meublés de tourisme : ce que la loi Le Meur change vraiment en 2026

Par l'équipe Capway FinancePublié le 15 juin 20266 min de lecture

Vous louez un appartement en courte durée sur les plateformes ? La loi dite « Le Meur » a discrètement rebattu les cartes, et vous le ressentez sans doute pour la première fois sur votre déclaration de cette année. Rassurez-vous : les règles sont moins effrayantes qu’il n’y paraît. On vous explique, point par point, ce qui change réellement et ce que cela implique pour vous.

L'essentiel
  • La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 s’applique fiscalement à vos revenus 2025.
  • Meublé de tourisme non classé : abattement micro-BIC ramené à 30 %, plafond 15 000 €.
  • Meublé de tourisme classé : abattement 50 %, plafond 83 600 €.
  • Au-delà du plafond, bascule au régime réel obligatoire.
  • Enregistrement renforcé, DPE généralisé, communes plus armées en zone tendue.

Qui est concerné ?

La loi Le Meur vise spécifiquement les meublés de tourisme : ces logements meublés que vous proposez à une clientèle de passage, à la nuitée, à la semaine ou au mois, sans qu’ils en fassent leur résidence. Si vous louez via une plateforme de réservation à des vacanciers ou à des voyageurs d’affaires, vous êtes très probablement concerné.

En revanche, si vous louez un logement meublé à l’année à un locataire qui y habite (longue durée), votre régime ne bouge pas : c’est toujours 50 % d’abattement et un plafond de 83 600 € au micro-BIC. Toute la réforme se concentre sur la location touristique, et plus particulièrement sur les biens non classés.

Quel est le nouvel abattement micro-BIC ?

C’est le cœur du changement. Auparavant, un meublé de tourisme non classé bénéficiait du même traitement de faveur que les autres meublés. Ce n’est plus le cas. Désormais, au régime micro-BIC :

Type de bienAbattementPlafond de recettes
Meublé de tourisme non classé30 %15 000 €
Meublé de tourisme classé50 %83 600 €
Meublé classique (longue durée)50 %83 600 €

Concrètement, le non-classé perd à la fois sur l’abattement (30 % au lieu de 50 %) et sur le plafond (15 000 € au lieu des montants antérieurs). Une fois ce plafond dépassé, vous basculez automatiquement au régime réel.

Cas pratique

Vous louez un studio touristique non classé et encaissez 14 000 € de recettes sur l’année. Au micro-BIC, vous ne bénéficiez plus que d’un abattement de 30 %, soit une base imposable de 9 800 €. Avec l’ancien abattement de 50 %, cette base n’aurait été que de 7 000 €. L’écart de 2 800 € se retrouve dans votre revenu imposable.

Faut-il faire classer son meublé ?

C’est la question que beaucoup de loueurs se posent depuis l’entrée en vigueur du texte. Le classement (la fameuse démarche « étoiles ») vous permet de conserver un abattement de 50 % et un plafond confortable de 83 600 €. Sur le papier, l’avantage est net si vous comptez rester au micro-BIC.

Mais attention : le micro n’est pas toujours le meilleur choix. Si vos charges réelles sont élevées (intérêts d’emprunt, travaux, amortissement du bien et du mobilier), le régime réel peut effacer une bien plus grande part de vos recettes que n’importe quel abattement forfaitaire. Le classement améliore votre situation au micro, il ne remplace pas une vraie comparaison micro / réel. Avant de lancer la démarche, faites chiffrer les deux scénarios.

Courte ou longue durée : faut-il changer de stratégie ?

Pour certains propriétaires, le durcissement fiscal du non-classé, combiné aux nouvelles contraintes (enregistrement obligatoire de la location, exigence généralisée d’un DPE, et pouvoir accru des communes en zone tendue pour encadrer ou limiter le nombre de meublés touristiques), change l’équation. La courte durée reste rentable, mais elle est plus encadrée et, pour le non-classé, fiscalement moins légère qu’avant.

Faut-il pour autant repasser en longue durée ? Pas nécessairement. Tout dépend de votre rendement, de votre localisation et de votre appétence pour la gestion. Pour peser sereinement le pour et le contre, nous avons rédigé un comparatif dédié : courte vs longue durée en LMNP, à lire avant toute décision.

Bon à savoir : à ce jour, ces dispositions ne sont pas encore reprises au BOFiP. Il faut donc s’appuyer directement sur le texte de loi, et faire preuve de prudence dans l’attente des commentaires de l’administration.

Courte ou longue durée ?

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Questions fréquentes

La loi Le Meur s’applique-t-elle à mes revenus 2025 ?

Oui. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite « Le Meur », s’applique sur le plan fiscal aux revenus 2025, déclarés en 2026. Le nouvel abattement micro-BIC concerne donc déjà votre déclaration en cours.

Quel abattement micro-BIC s’applique à un meublé de tourisme non classé ?

Pour un meublé de tourisme non classé, l’abattement micro-BIC est ramené à 30 %, avec un plafond de recettes de 15 000 € par an. Au-delà de ce plafond, le passage au régime réel devient obligatoire.

Faut-il faire classer son meublé de tourisme ?

Le classement permet de conserver un abattement de 50 % et un plafond de 83 600 € au micro-BIC. C’est souvent intéressant si vous restez au micro, mais selon vos charges réelles, le régime réel peut être plus avantageux : un arbitrage chiffré s’impose.